L’amphithéâtre ISBA de la Faculté des Sciences de la Santé (FSS) de l’Université d’Abomey-Calavi a vibré ce jeudi 24 juillet 2025 au rythme de la science et de la passion chirurgicale, à l’ouverture des 2èmes Journées Scientifiques du Département de Chirurgie et Spécialités Chirurgicales. Organisée autour du thème central « Pratiques chirurgicales courantes et innovations en chirurgie », cette rencontre de haut niveau se veut un espace d’apprentissage, d’échange et d’inspiration, pour une chirurgie béninoise plus audacieuse et résolument tournée vers l’avenir.
La cérémonie d’ouverture

La cérémonie d’ouverture, sobre mais dense en messages forts, a réuni une pléiade d’enseignants-chercheurs, de spécialistes en chirurgie, de praticiens hospitaliers, de doctorants et d’étudiants en médecine. Le Pr Gaspard Gbessi, président du comité d’organisation, a ouvert les travaux en insistant sur la vocation double de ces journées : « un temps de réflexion mais aussi une fenêtre pour le futur ». Il a salué le dynamisme du comité scientifique et encouragé les jeunes à cultiver l’excellence, dans un esprit de curiosité, de rigueur et de passion pour la chirurgie.
Prenant la parole à son tour, le Doyen de la FSS, Pr Josué Avakoudjo, a livré un message qui a marqué les esprits. « Le chirurgien doit forger son cerveau comme un savant, cultiver la compassion pour ses patients, exceller en technicité, et rester profondément humble », a-t-il rappelé avec solennité. Un appel à l’intégrité intellectuelle et au professionnalisme qui a résonné chez les jeunes présents dans l’amphithéâtre.
Le Pr René Hodonou, quant à lui, a recentré les débats sur l’essentiel : « Le signe le plus insupportable d’une maladie, c’est la douleur. Notre rôle en tant que chirurgiens est de soulager. Soyons heureux d’être médecins. Soyons curieux, rigoureux, et travailleurs. » Une invitation à replacer le patient au cœur de l’acte chirurgical.
Des sessions scientifiques ancrées dans les réalités hospitalières

Cette première journée a été structurée autour de plusieurs sessions scientifiques, réparties selon les grandes spécialités chirurgicales. Dès le matin, la chirurgie générale a ouvert les débats, avec des interventions portant sur la gestion des urgences digestives, les pratiques laparoscopiques, ou encore la formation chirurgicale des internes.
Dans la deuxième partie de la journée, la session consacrée à la chirurgie pédiatrique a exploré la délicate question de la prise en charge des pathologies néonatales et des urgences pédiatriques, souvent complexes dans les contextes à ressources limitées.
Au-delà de la technicité des échanges, c’est la volonté partagée de faire évoluer la pratique, d’actualiser les savoirs et de renforcer la transmission entre générations de chirurgiens qui s’est imposée comme le fil conducteur de cette journée inaugurale.
Un format hybride pour un impact élargi

Organisée dans un format hybride (présentiel et distanciel), cette deuxième édition témoigne d’une volonté affirmée d’ouverture à l’échelle nationale et régionale. Étudiants, spécialistes, internes et professeurs peuvent suivre les échanges depuis différentes villes du Bénin, mais aussi au-delà des frontières.
Une suite prometteuse

Alors que les rideaux viennent à peine de se lever sur ces journées scientifiques, le programme des 25 et 26 juillet s’annonce tout aussi dense et prometteur. Endoscopie, chirurgie assistée, simulation chirurgicale, traumatologie, ORL, orthopédie, neurochirurgie, sans oublier une session dédiée aux communications libres : autant de thématiques qui permettront d’aborder les défis d’aujourd’hui avec les outils de demain.
Ce rendez-vous annuel de la chirurgie béninoise démontre, s’il en fallait encore la preuve, que l’Afrique dispose de ressources humaines d’excellence, prêtes à relever les défis de la médecine moderne.
