À Lomé, le Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD), avec l’appui de ses partenaires, a lancé ce jeudi 22 mai 2026 une formation de deux jours consacrée à la participation politique des femmes et à la bonne gouvernance. Réunissant une trentaine de femmes leaders togolaises, parlementaires, élues locales, candidates potentielles et actrices de la société civile, cette initiative ambitionne de consolider les capacités stratégiques des participantes afin de favoriser une représentation féminine plus forte dans les sphères de décision.
Organisée dans le cadre du programme régional PAWELE, soutenu par l’Initiative Régionale AIHDRFWA et le programme SEAT de BMZ/GIZ, la rencontre intervient dans un contexte où les femmes engagées en politique continuent de faire face à de nombreux obstacles structurels. Soutien limité des partis politiques, faibles moyens financiers, exposition accrue aux violences physiques et numériques ou encore traitement médiatique défavorable : autant de défis qui freinent encore l’accès des femmes au pouvoir politique.
Plusieurs modules sur la bonne gouvernance et l’inclusion politique

La première journée de formation a permis d’aborder plusieurs modules essentiels liés à l’engagement politique féminin. Les participantes ont notamment été outillées sur les rapports de pouvoir, les cadres juridiques de la mobilisation politique ainsi que les dynamiques de leadership féminin et d’afroféminisme dans les processus de transformation politique.
Les échanges ont également porté sur les stratégies concrètes de campagne électorale, notamment l’organisation de campagne, le ciblage des électeurs, la mobilisation communautaire, la maîtrise des messages politiques et la gestion des relations avec les médias. Une attention particulière a été accordée à la sécurité personnelle et numérique des candidates, ainsi qu’aux connaissances juridiques relatives au droit électoral et aux procédures de contestation.
Des travaux pratiques pour mieux renforcer les capacités

Au-delà des sessions théoriques, les travaux de groupe ont constitué un temps fort de cette première journée. Réparties en plusieurs équipes, les participantes ont analysé les obstacles structurels à l’accès des femmes à la décision politique au Togo et proposé des pistes d’actions concrètes. D’autres réflexions ont porté sur les stratégies d’influence au sein des espaces de pouvoir, la mobilisation féministe et la construction d’un mouvement transgénérationnel capable de renforcer durablement le leadership féminin togolais.
Pour le RFLD, cette approche collaborative est essentielle. « La société civile produit des données ; les médias ont une voix forte ; les femmes élues ont un pouvoir législatif. Prises individuellement, ces actions ne changent pas grand-chose ; ensemble, elles transforment les conditions politiques qui permettent aux femmes africaines d’accéder au pouvoir », souligne l’organisation.
À travers cette initiative, le RFLD entend ainsi contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de femmes leaders mieux préparées aux exigences de l’engagement politique et capables d’influencer durablement les politiques publiques au Togo et en Afrique de l’Ouest.

